
Introduction.
Depuis plusieurs années, la police scientifique progresse sans cesse et envahit le monde de la justice. Policiers, magistrats, avocats et public ont tendance à lui faire une confiance aveugle, oubliant que derrière le microscope du biologiste ou l’éprouvette du chimiste, il y a des hommes et que ceux-ci, tout scientifiques et objectifs qu’ils puissent être, ne sont que des hommes, donc faillibles. Parallèlement, on a peu progressé dans la manière d’entendre les victimes et témoins et d’interroger les suspects, mais des individus ont été condamnés sur base de simples témoignages ou d’aveux. Or, l’apport de la psychologie dans la pratique quotidienne du métier d’enquêteur est essentiel.
Chap I.
Il présente les points de vue de quelques policiers et anciens policiers tels qu’ils l’expriment dans leurs mémoires ou dans un manuel de technique d’enquête. Il fait ensuite le point sur les recherches qu’ont menées, ces dernières années, des professeurs de psychologie et autres spécialistes en sciences du comportement. On y trouve donc une approche empirique et une approche scientifique.
Chap II.
Ce chapitre présente, de manière générale, différents concepts, niveaux et modèles théoriques de communication qui permettent de comprendre ce qui se passe au cours d’une interview. Ces idées s’appliquent à l’audition et à l’interrogatoire de police.
Chap III.
Il s’agit d’une introduction à la psychologie du policier en général et de l’interrogateur en particulier. L’accent est mis sur les notions d’empathie, d’écoute active, de comportement non verbal, de proxémique, de transfert. Une comparaison est faite entre l’entretien « policier-citoyen » et la relation « psychothérapeute-patient ». Si les finalités sont différentes, on peut aussi relever pas mal de points communs.
Chap IV.
Ce chapitre introduit à la victimologie, plus spécifiquement à la psychologie de la victime dans le contexte de son audition. Le professionnel de l’enquête doit tenir compte de l’état émotif, voire du traumatisme psychique vécu par son interlocuteur, sans perdre de vue qu’il y a plusieurs types de victimes et que certaines ne collaborent pas toujours avec la police. Il y a des pseudo victimes comme il y en a de vraies.
Chap V.
Il s’agit d’une introduction à la psychologie du criminel ou du délinquant. Les notions ici exposées peuvent aider l’enquêteur dans sa manière d’interroger. Le suspect peut présenter ou non des symptômes de psychopathologie ; il peut être un délinquant professionnel ou occasionnel, débutant ou confirmé.
Chap VI.
Suite logique du précédent, il expose diverses théories explicatives de l’agressivité, de l’agression et de la violence, en insistant sur le fait que ces théories ne s’excluent pas mutuellement, mais peuvent se compléter. Elle aident l’enquêteur à comprendre les mobiles et les motivations du passage à l’acte criminel.
Chap VII.
Ce chapitre aborde l’interrogatoire proprement dit, dans ses différentes phases : comment le préparer, le conduire, le conclure. Quels sont les objectifs poursuivis, quelles sont les questions à poser et comment les poser ? Comment mener un entretien structuré tout en restant flexible ? Quels sont les biais de l’enquête et les écueils à éviter ? Le chapitre décrit deux approches différentes, l’une américaine, l’autre britannique ; toutes deux ont leurs avantages et leurs inconvénients. Sont aussi abordés, l’enregistrement vidéo de l’interrogatoire, l’éthique policière, la neutralité de l’enquêteur, le droit au silence de la personne interrogée.
Chap VIII.
Ce chapitre traite de la psychologie du témoignage. Une introduction historique de la question est suivie de notions de base de psychologie, indispensables pour comprendre le processus de la mémoire, ses pathologies et les divers facteurs qui peuvent intervenir dans un contexte d’enquête policière. Sont également abordées la question des faux témoignages et des faux souvenirs, ainsi que la reconnaissance des visages et des voix.
Chap IX.
Ce chapitre est consacré à l’hypnose comme outil possible au service de l’enquête policière. Comment cela se déroule-t-il ? Est-ce scientifiquement fiable ? Quelles sont les réserves juridiques et déontologiques ?
Chap X.
Il présente la technique de l’interview cognitive, issue des travaux effectués récemment par des chercheurs en psychologie et par des policiers soucieux de remettre en question leurs méthodes de travail. Cette technique est susceptible d’améliorer les capacités d’un témoin à se remémorer ce qu’il a vu, entendu et vécu lors d’un événement particulier.
Chap XI.
Il est consacré à l’aveu et à ses conditions de validité. Il tente de répondre aux questions : pourquoi et comment un suspect avoue-t-il ? Pourquoi y a-t-il des faux aveux ? Plusieurs théories complémentaires sont présentées.
Chap XII.
Sont abordés ici, les questions du mensonge et de la sincérité. Quels sont les indices qui permettent d’évaluer le degré de sincérité d’une personne ? La détection du mensonge par la polygraphie, l’analyseur de voix, l’imagerie mentale, est ici évoquée, de même que l’apport des neurosciences dans le futur.
Conclusion.
Cette conclusion provisoire ne peut être que provisoire. Elle met l’accent sur la motivation, la formation et l’expérience de l’enquêteur et prône une meilleure collaboration entre le « psy » et le « flic », tout en mettant en évidence les difficultés de cohabitation entre ces deux professions.
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