De nombreux sujets seront abordés : la psychologie du policier, la victimologie, la psychologie criminelle, la psychologie du témoignage, l’agressologie, l’interrogatoire et l’audition, l’aveu et le mensonge, la suggestion, l’hypnose, le polygraphe, la mémoire, les faux souvenirs, le stress professionnel, l’éthique et la déontologie...
Tout ne sera pas dit d’emblée.

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Incroyable ... mais Vrai

« Votre mémoire vous trompe » .
Expériences et choses vécues qui doivent faire réfléchir !


  • La mésaventure du psychologue australien Donald Thomson :
    D. Thomson, chercheur dans le domaine de la psychologie de la mémoire a été victime d’une méprise qui faillit lui coûté la prison, à la suite d’une émission télévisée sur le témoignage visuel précisément, où il expliquait que les témoins sont souvent influencés par divers facteurs qui viennent parasiter ses souvenirs. Un suspect innocent court ainsi un risque énorme d’être reconnu lors d’une parade d’identification, si par exemple, il porte des vêtements ressemblant à ceux du coupable. En effet, quelques semaines après l’émission en question, il fut arrêté et confronté parmi d’autres à une plaignante qui prétendait avoir été violée par lui. Interrogé par un policier, il fournit un alibi irréfutable, et pour cause, le soir des faits, il était sur le plateau de télévision, en compagnie d’un officier de police et d’un magistrat. Sceptique, l’enquêteur lui rétorqua : « oui et je suppose qu’il y avait également Jésus-Christ et la reine d’Angleterre ! » Heureusement son alibi fut confirmé par un grand nombre de témoins dont les deux personnes susmentionnées. La suite de l’enquête apprendra que la victime avait été violée alors qu’elle regardait l’émission à la télévision. Elle avait effectivement vu le visage du professeur Thomson, mais l’avait attribué à son agresseur.

    Baddeley A : La mémoire humaine, théorie et pratique, traduit de l’anglais, Presses universitaires de Grenoble, 1993, 35.


  • « Thémis aveugle » ! : C'est le titre d’un court article paru dans le quotidien belge « Le Soir » du 7 août 2001, lequel cite une expérience réalisée en Allemagne et relatée par le mensuel juridique « Monatszeitschrift für Deutsches Recht » où il est révélé que juges et procureurs font de piètres témoins que leurs fonctions au service de la justice ne mettent pas à l’abri de grossières défaillances de mémoire. Au cours d’un test effectué lors de séminaires de formation continuée, deux cents magistrats ont visionné un film de quelques minutes montrant un accident de circulation. Leur témoignage a été recueilli par surprise quelques heures plus tard. Les résultats du test sont édifiants. Certains témoins ont affirmé qu’un véhicule accidenté était blanc, vert, rouge, noir, alors qu’il était gris argenté. La vitesse des véhicules au moment des faits oscillait, selon les témoins entre 20 et 70 km/heure, les distances entre 2 et 50 mètres et la durée de l’accident entre zéro et 20 secondes. Si l’erreur peut être le fait de n’importe quel témoin, tout témoignage doit être considéré avec précaution, conclut l’auteur de l’article.


  • Le philosophe suisse Jean Piaget, professeur de psychologie raconte : « Un de mes plus anciens souvenirs daterait s’il était vrai, de ma seconde année. Je vois encore, en effet, avec une grande précision visuelle, la scène suivante à laquelle j’ai cru jusque vers 15 ans : j’étais assis dans une voiture de bébé, poussée par une nurse, aux Champs Elysées, lorsqu’un individu a voulu m’enlever. La courroie de cuir serrée à la hauteur de mes hanches m’a retenu, tandis que la nurse cherchait courageusement à s’opposer à l’homme (elle-même a reçu quelques griffures et je vois encore vaguement son front égratigné). Un attroupement s’ensuivit et un sergent de ville à petite pèlerine et bâton blanc, s’approcha, ce qui mit l’individu en fuite. Je vois encore toute la scène et la localise même près de la station de métro. Or, lorsque j’avais environ 15 ans, mes parents reçurent de mon ancienne nurse, une lettre leur annonçant sa conversion à l’Armée du Salut, son désir d’avouer ses fautes anciennes et en particulier de restituer la montre reçue en récompense de cette histoire entièrement inventée par elle (avec égratignures truquées). J’ai donc dû entendre comme enfant le récit des faits auxquels mes parents croyaient, et l’ai projeté dans le passé sous la forme d’un souvenir visuel, qui est donc un souvenir de souvenir, mais faux ! Beaucoup de vrais souvenirs sont sans doute du même ordre ».

    Piaget J : La formation du symbole chez l’enfant, Delachaux et Niestlé, Neufchâtel, 1946, 5e édition 1970, 199.


  • Un peu d'autobiographie amusante : Tout un chacun s’est posé un jour la question de savoir s’il avait rêvé ou réellement vécu une expérience. Lorsque j'étais étudiant, je pratiquais intensivement diverses disciplines athlétiques. Pour me rendre à certaines compétions, mon père me prêtait sa voiture, de temps à autre. Lorsqu’un soir, je manifestai mon intention de me rendre avec un ami à un bal populaire, je pus exceptionnellement emprunter le véhicule familial pour un motif autre que sportif. J’avais l’habitude d’être sobre ; mon père n’avait aucune raison de s’inquiéter et pourtant il l’a tellement été que cette nuit-là, il a rêvé que j’étais rentré complètement ivre et qu’il avait dû me pousser dans les escaliers conduisant à ma chambre à coucher. Au petit déjeuner, très fâché, relatant l’incident à ma mère, il ne comprenait pas comment je n’avais pas eu d’accident, ajoutant que dorénavant, il serait exclu que je puisse encore conduire sa voiture. Je pouvais m’attendre à une sévère remontrance à mon lever. Ma mère eut toutes les peines du monde à le convaincre qu’il avait fait un cauchemar, car elle-même s’étant réveillée vers deux heures de la nuit, s’était levée pour se préparer une tisane apaisante et pouvait témoigner de mon retour dans des conditions normales. L’anecdote est amusante, mais on peut s’imaginer que dans d’autres circonstances, un tel rêve pourrait avoir des conséquences désagréables pour qui en serait victime.

    Wuyts JP : Psy et Flic, au cœur de l’interrogatoire de police, p 141.


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