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De nombreux sujets seront abordés : la psychologie du policier, la victimologie, la psychologie criminelle, la psychologie du témoignage, l’agressologie, l’interrogatoire et l’audition, l’aveu et le mensonge, la suggestion, l’hypnose, le polygraphe, la mémoire, les faux souvenirs, le stress professionnel, l’éthique et la déontologie... |
Les précurseurs.Dans cette rubrique, vous retrouverez des informations sur les pionniers de la psychologie appliquée à l’enquête criminelle : notes biographiques, leurs travaux, leur influence.
Psychologue germano-américain, il a étudié la psychologie à l’université de Leipzig et a travaillé avec Wilhelm Wundt, créateur du premier laboratoire de psychologie expérimentale. Sa rencontre avec William James lors du premier congrès international de psychologie est déterminante pour sa carrière qu’il poursuivra en devenant professeur à Harvard et aussi à Berlin. Sa contribution aux sciences psychologiques est importante : psychologie industrielle et psychologie clinique, etc. Nous retiendrons surtout ses travaux dans le domaine de la psychologie légale et son ouvrage « On the Witness Stand – Essays on Psychology and Crime» paru en 1908, devenu un classique dans l’histoire de la psychologie. Il s’agit d’une suite d’articles traitant des illusions, de la mémoire du témoin, de la détection du crime, des traces émotionnelles, des faux aveux, de la suggestion, de l’hypnose, de la prévention du crime. On y trouve des exemples de témoignages erronés avec explication des diverses causes possibles. Ces exemples sont tirés d’expériences de laboratoire menées avec ses étudiants, mais aussi dans la réalité judiciaire de son temps. Il met en évidence la suggestibilité. Par exemple, il présente sur un écran le mot « ose », pendant une fraction de seconde de manière quasi subliminale puisque le sujet n’a pas vraiment le temps de le reconnaître. Simultanément, il prononce le mot « soif ». Certains sujets croient avoir perçu le mot « eau ». Munsterberg conclut que l’esprit supplée à l’insuffisance de l’observation réelle et qu’en cela, il subit l’influence d’autrui. Dans une autre expérience du même chercheur, des témoins fréquentant un cours de psychologie visionnent un film dont le scénario présente une réunion interrompue par un clown. Survient un noir qui tue le clown. Les témoignages recueillis après le film sont contradictoires et parfois très fantaisistes. En outre, Munsterberg montre que le témoignage oculaire en matière judiciaire est sensible à l’interférence causée par des interrogatoires subséquents. Bien qu’il soit tombé dans un certain oubli, il est à juste titre considéré comme le père de la psychologie appliquée à l’enquête criminelle. Munsterberg H : On the witness stand : Essays on Psychology and Crime, New-York, Clark, 1908, cité par Wuyts JP in Psy et Flic - Au cœur de l’interrogatoire de police.
Envie d’en savoir plus ? allez voir sur http://psychclassics.yorku.ca/Munster/Witness/ Sir Frederick Bartlett (1886-1969). Psychologue britannique, professeur de psychologie expérimentale à l’université de Cambridge de 1931 à 1951, il est considéré comme un audacieux précurseur de la psychologie cognitive. Connu pour ses travaux sur la mémoire et la notion de schéma, il publie, entre autres, « Remembering » (1932) dans lequel il postule l’idée que la mémoire n’est pas immuable, mais sujette à contaminations. Voici ce qu’en dit Bernard Croisile dans : Tout sur la mémoire, éditions Odile Jacob, Paris, 2009, p 297. (voir aussi la rubrique A lire pour un commentaire sur ce livre). « La mémoire n’évoque pas obligatoirement des traces identiques au souvenir initial ; elle est « contaminée » par la mémoire de tous les jours. Bartlett postule en outre que le rappel d’un souvenir ne correspond pas à la réactivation fidèle de traces figées, comme si l’on imprimait un texte enregistré sur un ordinateur ; il envisage plutôt la remémoration comme « une reconstruction imaginative… composée de réactions anciennes, ou d’expériences, en relation avec un petit détail saillant, apparaissant généralement sous la forme d’images ou à travers du langage ». Vu ainsi, le souvenir n’est que rarement fidèle : la mémoire se construit au fur et à mesure et son organisation est en grande partie liée aux « schémas » du moment. Les enseignements de Bartlett ont été oubliés jusqu’à ces vingt dernières années où s’est ravivé l’intérêt des chercheurs pour les distorsions de mémoire ».
Pour plus d’infos sur Frederick Bartlett et sur ses travaux, allez voir sur http://www.ppis.cam.ac.uk/bartlett/ |